Caprice ou anxiété : comment faire la différence ?

Un enfant qui pleure pour un rien.
Une autre qui refuse de s’habiller.
Un jouet qui vole.
Une crise qui éclate au moment où l’on dit non.

Très vite, on cherche des solutions, des techniques, des « trucs qui marchent ». Mais tant que l’on cherche à gérer ce qu’on appelle communément un caprice, on reste dans la réaction.

Le terme de « caprice » est souvent utilisé pour décrire certains comportements, avec en toile de fond l’idée d’une forme de manipulation ou de préméditation. Or, chez le jeune enfant, cette lecture ne tient pas : son cerveau est encore immature, notamment les zones impliquées dans le contrôle, l’anticipation et la régulation. Il ne s’agit donc pas d’une intention de manipuler, mais d’une difficulté à gérer ce qu’il ressent.

Il est vrai que les enfants peuvent parfois tester les limites, exprimer leur frustration ou tenter d’obtenir quelque chose. Mais cela ne signifie pas qu’ils manipulent consciemment la situation.

Et si, derrière certains comportements que nous interprétons comme de l’opposition ou des caprices, se cachait de l’anxiété ?
L’anxiété chez les enfants ne ressemble pas toujours à ce que l’on imagine. Lorsque nous parlons d’anxiété, nous pensons souvent à des enfants inquiets, qui verbalisent leurs peurs ou qui semblent préoccupés. Chez les jeunes enfants, l’anxiété ne passe pas toujours par les mots. Souvent, elle s’exprime par le comportement.

Voici quelques exemples :
– l’enfant devient agité ou au contraire très apathique ;
– il refuse certaines activités ;
– il se montre opposant ;
– il pleure intensément lors des séparations ;
– il a un grand besoin de contrôler ce qui se passe autour de lui…

Pour l’adulte, ce qui est visible, c’est le comportement. Ce comportement peut être la manifestation d’une tension intérieure que les enfants ne parviennent pas encore à comprendre ni à exprimer autrement.

Pourquoi est-ce difficile à repérer ?

Les jeunes enfants ne disposent pas encore du langage émotionnel nécessaire pour dire : ‘’je suis inquiet.’’, ‘’je ne comprends pas ce qu’il se passe.’’ etc.

L’anxiété est quelque chose de sournois, qui s’immisce dans la vie petit à petit. Les enfants ne diront pas qu’ils sont anxieux, ils l’exprimeront par des comportements, des difficultés de sommeil ou d’alimentation… L’adulte aussi exprime peu l’anxiété comme telle. Il va plutôt parler de stress, le sentiment d’être débordé, d’imaginer toujours le pire… Donc, l’anxiété est difficilement identifiable comme telle.

C’est pour cela que certains comportements peuvent être interprétés comme de la provocation ou des caprices alors qu’en réalité ils sont l’expression d’un malaise.

Les enfants à besoins spécifiques : une sensibilité parfois plus grande

Chez certains enfants, cette anxiété peut être plus présente. C’est notamment le cas chez les enfants présentant un ou des troubles neurodéveloppementaux (TND), comme le TDAH, le TSA, le TSAp, le TDC ou encore les enfants avec une grande sensibilité. Plusieurs facteurs peuvent être des déclencheurs ou des amplificateurs de l’anxiété, par exemple : une surcharge sensorielle, une fatigue cognitive importante, des difficultés de compréhension des situations sociales, un besoin de repères très sécurisants…

Dans ces contextes, certaines situations du quotidien peuvent devenir plus exigeantes émotionnellement, ce qui peut se traduire par des comportements déroutants pour les adultes.

Avant de parler de caprice…

Il ne s’agit pas de dire que tous les comportements difficiles sont liés à l’anxiété. Certains relèvent simplement d’une frustration trop intense ou d’une difficulté à attendre. Mais dans tous les cas, on ne parle pas de manipulation consciente.

Tant que l’on cherche à ‘’gérer un caprice’’, on reste dans la réaction. D’où l’importance de comprendre ce qui se joue derrière.

Rappel important, les enfants ne manipulent pas consciemment donc ils ne font pas de caprice ! Leur cerveau est en pleine construction et leur capacité de régulation émotionnelle est encore immature.

Quelques outils :

Les choses les plus simples sont souvent les plus efficaces ! Les premiers outils que je propose sont souvent autour de la respiration. Respirer, c’est la base de tout.
– Respiration guidée : on souffle ensemble comme si on faisait voler une plume (encore mieux si vous lui donnez vraiment une plume) …
– Ralentissement du corps : marcher comme une tortue, pousser un mur ;
– Mouvements doux comme le yoga ;
– Un câlin ;
– Coin calme : pour se poser, se reposer…
Bien sûr, ces outils font du bien à tout le monde et aussi aux adultes qui oublient de respirer dans les moments ‘’chauds’’ !

Conclusion

Face aux comportements des enfants, il est parfois tentant de chercher des réponses rapides, efficaces, immédiates. Mais prendre le temps de se poser une autre question change souvent la perspective :

Et si ce que je vois n’était pas un caprice, mais l’expression de quelque chose que les enfants ne peuvent pas encore dire autrement ?

Cela ne simplifie pas toujours le quotidien, mais cela permet d’ajuster son regard, sa posture… et souvent, la relation. Comprendre ce qui se joue, c’est déjà commencer à apaiser.

Pour aller plus loin

  • 25 au 27.03. : TDAH, TSA, DYS, HP des cerveaux qui fonctionnent autrement : clés et outils d’accompagnement
  • 21.04. : Les caprices n’existent pas : changer de regard pour mieux accompagner
  • 23-24.04. : TDAH transformer les défis en ressources

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